Understanding the memorization and learning processes

Connaître et exploiter les mécanismes de la mémoire

Vous savez certainement qu’il existe différents types de mémoire, mais quels sont-ils exactement ? Comment identifier le type mémoire dominant d’un élève ? Quelles stratégies mettre en place pour chaque profil ?

Accompagner l’apprentissage est l’un des enjeux majeurs de notre activité d’éducateur, que l’on soit parent ou enseignant de français, de sciences, de violon ou de tennis !

C’est pourquoi nous avons choisi de vous présenter des ressources pour faciliter l’apprentissage de nos élèves et enfants ! Et comme la connaissance des mécanismes de la mémoire nous permet d’en tenir compte dans nos pratiques pédagogiques, voici tout d’abord une (brève) synthèse sur les bases biologiques de la mémoire.

1- Les fondements biologiques de l’apprentissage

L’apprentissage correspond à l’acquisition de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences ou de la capacité à comprendre de nouveaux concepts. Il se distingue de la mémoire, qui correspond à la capacité à emmagasiner, conserver et réinvestir des informations, ainsi qu’aux mécanismes biologiques mis en jeu.

Où se situe le siège de la mémoire ?

Dans le cerveau, les neurones (cellules nerveuses) sont capables de générer et de transmettre des informations à d’autres neurones, au niveau des synapses.  Ces cellules nerveuses s’organisent ainsi en réseaux complexes, qui de plus peuvent être remaniés en fonction de notre activité. Par ailleurs, les  neurones impliqués dans la mémorisation sont également connectés avec les organes sensoriels et/ou avec les muscles.


Que se passe-t-il lorsqu’on apprend un cours ou du vocabulaire nouveau dans une langue étrangère par exemple ?

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schématisation d’un neurone et d’une connexion synaptique

Cet apprentissage relève de la mémoire dite déclarative (mémoire de tout ce que l’on peut décrire ou nommer)

Quand on lit ou écoute une leçon, les informations sont transmises, via une succession de neurones,  à partir de l’organe sensoriel (oeil, oreille) jusqu’à une zone bien précise du cerveau où elles sont mises en mémoire à court terme.

Cependant, 50% des informations mises en mémoire à court terme sont oubliées en 24h!

Si l’on souhaite mémoriser durablement notre leçon, il faut que les informations soient transférées dans la mémoire à long terme, là où sont emmagasinés, pour des années voire pour toute la vie, tous les événements marquants et toutes les informations dont nous avons besoin quotidiennement.

Et lorsqu’on apprend à faire du patin à glace ou du violoncelle ?

Il ne s’agit plus de mémoire déclarative, mais d’un autre type de mémoire appelé mémoire procédurale. C’est ce type de mémoire qui nous permet de réaliser de nombreuses actions sans même y penser, comme faire ses lacets, marcher… Là encore, les positions adéquates et les gestes précis sont d’abord stockés dans notre mémoire à court terme, et pour être capable d’effectuer un mouvement correctement ou de jouer une note juste de manière systématique, il faut que les informations soient transférées dans la mémoire à long terme !

Comment faire pour transférer ces informations dans la mémoire à long terme ?

Chaque information à mémoriser (mot, date, idée, geste technique…) correspond au passage d’un message nerveux dans un réseau de neurones bien particulier.

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représentation schématique de deux réseaux de neurones, correspondant à deux informations distinctes

A chaque fois que l’on lit ou entend l’information, ou à chaque fois que l’on fait le mouvement correctement, l’information circule dans le circuit de neurones correspondant, et les synapses de ce circuit sont ainsi renforcées.

Pour réutiliser l’information, il faudra réactiver ce même circuit de neurones, ce qui sera d’autant plus facile qu’il aura été renforcé !

Cependant, nous nous sommes pas tous égaux devant la capacité à mémoriser, elle dépend de notre hérédité et aussi de notre âge, de notre expérience, de notre état émotionnel, de notre environnement plus ou moins bruyant…

Et donc, à part répéter à plusieurs reprises ma leçon dans le calme, que puis-je faire pour optimiser ma façon d’apprendre ?

On peut utiliser le fait que notre mémoire est associative, cela veut dire que l’on retient plus facilement une information lorsqu’on peut la mettre en relation avec quelque chose que l’on sait déjà, qui est déjà solidement ancré dans notre mémoire à long terme.

Et c’est d’autant plus vrai que cette référence déjà connue a une importance émotionnelle positive pour nous (par exemple certains jeunes garçons peuvent énumérer tous les joueurs de toutes les équipes de foot, alors que réciter la leçon sur la nature des mots peut constituer un challenge quasi-insurmontable…). Cela rejoint l’idée que lorsqu’on est motivé, on apprend bien plus facilement !

On peut aussi optimiser notre apprentissage en déterminant si notre mémoire dominante est auditive (axée sur ce que nous entendons), visuelle (axée sur ce que nous voyons) ou kinesthésique (mémoire sensorielle, axée sur les autres sens que la vision et l’ouïe), et en utilisant les stratégies d’apprentissage les plus efficaces par rapport notre type de mémoire dominant.

2- Des ressources pour déterminer son type de mémoire

Vous et vos élèves, adolescents ou adultes, avez probablement déjà une idée de votre type de mémoire dominant. Les deux tests que nous vous proposons, adaptés d’après une ressource éduscol peuvent être utilisés pour confirmer (ou infirmer!) cette intuition, et bien sûr pour déterminer le type de mémoire des plus jeunes. 

La combinaison des résultats des 2 tests devrait suffire à vous donner une idée du type de mémoire dominant du participant, et également à montrer qu’il s’agit d’un type principal, autrement dit, les 2 autres types sont également utilisés !

Il s’agit  donc de trouver des stratégies pour utiliser au mieux son principal type de mémoire, mais aussi pour développer les 2 autres afin d’être encore plus efficace dans son apprentissage !

3- Les stratégies à privilégier selon son type de mémoire

Quelques conseils pour optimiser son apprentissage via sa  mémoire visuelle :

  • Prendre ses cours de manière claire et structurée, utiliser un code de couleurs  (titres-rouge, sous-titre-vert, questions-violet, définitions-noir, etc), aérer la présentation, prendre des notes au crayon à papier en marge du cours
  • Se concentrer sur chaque document étudié pendant le cours pour bien le comprendre
  • Réaliser une carte mentale pour chaque chapitre, ou thème, avec des schémas, ou une fiche de révisions avec le plan du cours et les mots-clés, dates, définitions…
  • S’entraîner à réciter par écrit au brouillon, et comparer ensuite avec votre cours pour éviter les oublis
  • Pour mémoriser les dates, les représenter sur une flèche du temps, là encore on peut utiliser un code de couleurs
  • Trouver des photos des personnages célèbres, et des principaux événements à retenir

Quelques conseils pour optimiser son apprentissage via sa  mémoire auditive :

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  • Se montrer très attentif pendant le cours, participer, poser le plus de questions possible
  • Reformuler le cours avec ses propres mots, si possible à haute voix
  • Réciter le cours à quelqu’un, demander que l’on nous pose des questions
  • Se réciter le cours à voix haute, ou même s’enregistrer et se réécouter ! Ne pas hésiter à se montrer  créatif ! (par exemple présenter sa leçon sous forme d’une émission de radio ou d’un documentaire…). Penser à varier les intonations, le rythme, selon l’importance des notions et/ou selon la matière
  • Mettre ses cours en chansons, sur un air apprécié ou même improvisé
  • Imaginer une poésie ou un slam avec le cours, les tables de multiplication, les dates à retenir….

Quelques conseils pour optimiser son apprentissage via sa  mémoire  kinesthésique :

  • Essayer d’être organisé quand on note le cours et d’utiliser toujours la même présentation pour les titres, sous-titres, etc…
  • Personnaliser son cours en essayant d’associer chaque idée importante  à un événement vécu (si possible agréable) ou à un objet familier, ou à une notion déjà connue (l’écrire ou le dessiner au crayon en marge du cours)
  • Participer oralement pendant les cours, voire physiquement si cela est possible (manipulations  en séance de Travaux Pratiques, passage au tableau, présentation de sa production à la classe, etc)
  • Pour apprendre une leçon, essayer de la mimer, de la raconter sous forme d’histoire, de la transformer en émission de radio (que l’on peut enregistrer), en pièce de théâtre avec des personnages (que l’on peut filmer), en danse, en une série de gestes… ou de manipuler de petits objets (boule anti-stress…) en l’apprenant
  • Utiliser l’ordinateur (si cela est possible) pour rédiger une fiche de révisions
  • Trouver des relations entre les idées, synthétiser une leçon sous forme de carte mentale

Nous espérons qu’avec ces idées, vous vous sentez désormais en mesure d’accompagner vos élèves ou vos enfants dans  un apprentissage encore plus efficace, sans oublier de leur recommander de s’alimenter de manière saine et équilibrée, de prendre le temps de se détendre et de dormir suffisamment !

Et vous, de cet article, qu’en avez-vous retenu ?

Emmanuelle

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Sitographie : svt creteil; eduscol; le cerveau mcgill; le web pedagogique; universite Nice Sophia Antipolis.
Crédits photographiques : lightwise © 123RF.com; Rostislav Zatonskiy © 123RF.com; guniita © 123RF.com; dny3d © 123RF.com

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